Le minimalisme, un concept lié à l’écologie ?

Quel meilleur endroit qu’un aéroport pour vous parler de minimalisme et de société de consommation ? On jette notre nourriture, nos bouteilles d’eau (sauf bien sûr si on a une gourde #zérodéchetstyle ) pour en racheter quelque mètres plus loin, trois fois le prix. En plus, avant d’embarquer dans l’avion, nous devons résister à la tentation des magasins de luxe, parfumerie et autres, qui nous promettent un voyage à eux seuls. Pourquoi ne pas revenir à une vie plus simple, en fait ? 

Un aéroport est sans conteste un haut lieu de consommation, d’ailleurs les boutiques présentes à Roissy font sûrement de très bon chiffres d’affaires. En plus de cela, un aéroport est loin (trèèès loin) d’être un lieu écologique : fin de la biodiversité du site, consommation de kérosène en veux-tu en voilà, j’en passe et des meilleures. Or, pour moi, l’écologie signifie aussi rejeter la société de consommation. C’est pour ça qu’aujourd’hui je vais te parler de minimalisme.

NB : tout ce que je dis n’engage que moi et je ne prétends pas du tout fournir une définition exhaustive du minimalisme. Je ne suis pas minimaliste, je m’intéresse au concept, c’est tout. J’entends donc plutôt vous présenter ma compréhension du minimalisme, et les raisons pour lesquelles selon moi, il est lié à l’écologie.

Le minimalisme, c’est quoi ?

D’après ce que j’ai lu, le minimalisme s’apparente à un mode de vie qui rejette la société de consommation, en tant qu’elle crée des besoins inutiles et nous fait croire que nous avons BESOIN d’une télé plus grande, de la dernière console ou d’un mobilier plus chic, plus tendance, plus in. L’idée fondamentale est que l’on peut vivre avec peu, en tout cas avec moins, et même que vivre avec moins rend plus heureux.

Cette définition renvoie à la “sobriété heureuse” de Pierre Rabhi, ce pionnier de l’agroécologie et co-fondateur du mouvement des Colibris. Rabhi est un homme simple, qui vit littéralement de peu : une natte pour dormir, quelques livres, pas de radio ni d’ordinateur. Le seul objet qu’il se permet d’avoir : une télévision pour regarder les western. Une vie simple, choisie. Lorsqu’on voit ce vieux monsieur à la télé ou dans les journaux, on ne peut s’empêcher de se demander quel est le secret de sa sérénité. Ce serait donc ça être minimaliste : vivre de peu, pour être serein.

Il faut souligner un point crucial : le minimalisme n’est pas la conséquence d’une situation financière précaire, c’est un choix. N’importe qui peut devenir minimaliste, du milliardaire au smicard. Il ne s’agit donc pas d’une manière de mieux gérer ses affaires, mais d’une manière d’aborder sa vie, non plus par l’avoir – consommer devenant ce qui nous définit – mais par l’être. Les expériences, les moments partagés avec ses proches, la connaissance de soi sont alors les valeurs primordiales.

Pourquoi devenir minimaliste ?

Sur le papier, ça semble sympa (enfin en tout cas pour moi). Je me suis plusieurs fois fait la réflexion : on consomme plus “pour consommer” que par besoin parfois. Il y a encore quelques mois, quand je n’avais pas le moral, aller faire les magasins faisait partie de mes idées pour me sentir mieux. Réaliser que consommer nous aide à nous sentir bien est assez effrayant. Heureusement, avec le boulot à abattre à partir de mars (mémoire, tout ça tout ça) je me suis aperçue en mai que ça faisait 3 mois que je n’avais rien acheté (comprendre en dehors de la nourriture). Et ça va, je vais bien 😉

Nous sommes nés dans cette société de consommation, du jetable, du “utilisé – jeté”. Il est difficile de se défaire de ces habitudes – pourtant c’est nécessaire. Si l’on s’intéresse à l’écologie, on est bien obligés d’admettre que consommer autant alors que nous n’en avons pas besoin gaspille des ressources, crée des déchets et gaspille de l’argent qui pourrait être utilisé à de meilleurs fins. Réduire sa consommation de manière générale c’est une bonne idée. Mais être minimaliste, c’est aller plus loin.

Le minimalisme, mode d’emploi

En lisant des choses par-ci  ou par-là sur le minimalisme, je me suis rendue compte qu’il y avait deux grandes manières d’aboutir au minimalisme, une en aval et une en amont. Je m’explique : un minimaliste va cesser de consommer des choses qui ne sont ni utiles ni belles. C’est la manière “préventive” d’être minimaliste. Pour cela, il faut fuir les hauts lieux de consommation, comme les centres commerciaux, voire les supermarchés ; privilégier une consommation locavore et les petits commerçants ; cesser de voir la consommation comme un réconfort et pour terminer vaincre son éventuelle addiction au shopping. C’est déjà pas une mince affaire, vous me l’accorderez !

La seconde manière, indispensable pour devenir minimaliste, est de désencombrer. Et là c’est clairement plus compliqué, puisqu’il s’agit de se séparer des objets inutiles, en double, qui encombrent nos maisons et ainsi nos vies. Enfin ça c’est sur le papier. Concrètement, un minimaliste aurait une garde-robe réduite, qui, comme celle de Béa Johnson, tient entièrement dans un bagage cabine (comment te dire que mon bagage cabine ne comprend pas le cinquième de ma garde-robe et qu’il est plein à craquer? …), peu de vaisselle (genre une seule casserole, une seule poêle, 4 assiettes…), peu de livres (OH MON DIEU mais comment font ces gens ?!). Bref, tu l’auras compris désencombrer son intérieur, pour tendre vers la chambre de Pierre Rabhi par exemple.

De la difficulté de désencombrer

C’est vrai que l’idée de désencombrer (l’idée hein, parce que la pratique, c’est pas gagné) m’attire bien. Ben oui, c’est logique, comme le dit Béa Johnson : moins t’as d’affaires, moins c’est un casse-tête pour les ranger, pour les nettoyer, pour choisir ce que tu vas porter ou lire aujourd’hui… Le minimalisme, ce serait une sorte de simplification de ta vie. Moi, partisane du moindre effort en tout temps et toute chose, ça me parle carrément de me simplifier la vie. Simple life, ça claque non ? Après, tu l’as compris, j’aime garder les choses. Pleeeeeiiiin de choses. Bon des vêtements déjà (j’ai mis la semaine dernière une jupe que j’ai acheté en 4ème, eh ouais !). Des livres surtout (la prépa est passée par là). Et tout un tas de bibelots et babioles, qui semblent inutiles. Et puis aussi les boîtes d’oeufs, les rouleaux de PQ, les bocaux en verre (<3), mais ça c’est uniquement (ou pas…) pour faire de la récup’. Désencombrer, ça me semble compliqué. Je m’y suis essayé récemment parce que je devais vider ma chambre d’enfant. Bah c’est chaud, tu te dis : “non mais ça, je l’avais acheté à tel endroit pour telle occasion, je peux pas m’en séparer” ou bien “ok je l’aime pas mais c’est un cadeau quoi…” et du coup tu jettes/donnes/vends pas. Et c’est con.

Bon, mais au-delà de ça il faut voir à long terme. Concrètement, je vais déménager en décembre ou janvier et peut-être bien devoir partager mon espace avec Mr Ecolo (qui lui n’a pas trois tonnes de vêtements…mais beauuuucoup de CDs). Donc va falloir s’y mettre. En plus, ça s’inscrit dans une démarche Zéro Déchet : tu te sépares des merdouilles (tu les vends ou donnes ce qui peut l’être) et tu investis dans des objets durables que tu garderas toute ta vie ou presque.

En résumé : devenir minimaliste j’en suis super loin, mais j’ai bien envie de m’essayer au désencombrement, et aussi d’éviter de consommer quand c’est pas utile. Affaire à suivre…

Et toi, ça te parle le minimalisme ? T’es comme moi à avoir du mal à te séparer de tes objets ? ❤

Pour aller plus loin : Si ça t’intéresse, cette vidéo est bien faite pour comprendre deux visions assez différentes du minimalisme.

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