Béa Johnson et Zéro Déchet : kézako ?

Béa Johnson, c’est la grande prêtresse du Zéro Déchet dans le monde. Le genre gourou-suivi-par les foules, tu vois ? Comme j’ai fait un stage sur le Zéro Déchet… Evidemment j’en suis venue à lire son livre, et franchement y’a des idées vraiment pas mal ! Mais en fait, le Zéro Déchet, c’est quoi ?

Béa Johnson est une française exilée aux Etats-Unis (elle sonne beaucoup plus américaine que française d’ailleurs). Depuis 2010 elle vit avec son mari et ses deux fils une vie Zéro Déchet : ses déchets non recyclables et non compostables tiennent dans un bocal en verre de 1L. Dans son livre, elle explique les 5 règles fondamentales (selon elle) du Zéro Déchet. Il faut quand même signaler, avant toute chose, que Béa c’est vraiment une ouf qui pousse le concept super-méga-loin ! Donc, clairement si adopter une démarche Zéro Déchet t’intéresse, ne te dis pas que tu vas faire comme elle, elle est vraiment extrême (enfin c’est mon avis, mais je t’encourage à lire son ouvrage pour te forger le tien). Par contre il y a plein de bonnes idées, qui sont même assez faciles à mettre en place. Allez hop embarquons dans le bateau Zéro Déchet !

5 règles fondamentales pour tendre vers Zéro Déchet

Les règles que Béa Johnson a édicté fonctionnent comme une pyramide : tu fais d’abord la première, ensuite si la première n’est pas atteignable, alors tu fais la seconde etc. Du coup ça donne :

1- refuser (ce dont nous n’avons pas besoin),

2- réduire (ce que nous ne pouvons pas refuser),

3- réutiliser (ce qu’on ne peut ni refuser ni réduire),

4- recycler

5- composter (ce qui reste).

Il faut bien comprendre que Zéro Déchet, ça ne veut pas dire avoir uniquement des déchets recyclables, mais bien réduire sa quantité de déchets totale. D’ailleurs, Béa Johnson souligne que le recyclage n’est pas vraiment une solution à long terme, car aujourd’hui il existe beaucoup de freins au recyclage, notamment en France concernant les plastiques (comme je te l’expliquais dans cet article). Il faut vraiment suivre les règles dans l’ordre pour intégrer une manière préventive de réduire ses déchets – et ainsi repenser notre manière de consommer et notre manière de vivre.

zero-dechet

Refuser, pour changer les mentalités

La première règle de Béa Johnson, c’est refuser ce dont nous n’avons pas besoin. Dit comme ça, tout le monde est d’accord je pense. Le problème c’est que cette règle concerne tous les petits objets qui s’insinuent dans nos vies, sans que nous l’ayons choisi et sans même en prendre conscience. Ce stylo distribué par la fac, ce prospectus pour la prochaine soirée, le ticket de caisse et le sac plastique qui emballe notre dernier achat… Que des objets que nous ne désirons pas, et qui nous sont offerts ou donnés par habitude, parce que “c’est comme ça”. Le summum de ces objets étant les pubs que l’on reçoit dans sa boite aux lettres. Contre ça, qu’une seule solution : le Stop pub. Selon moi, refuser ces objets est vraiment une étape importante dans une transition vers le Zéro Déchet, surtout que je la trouve difficile à mettre en place. Il faut oser dire au marchand qu’on ne veut pas de sac, pas de ticket de caisse, au serveur qu’on ne veut pas de paille, à la personne distribuant les prospectus qu’on n’en a pas besoin… Pas facile et pourtant crucial. Pourquoi ? Pour dire aux autres – et à la société en général – qu’on ne veut pas de ce genre d’objets, que ce n’est pas souhaitable de fabriquer des goodies, des prospectus, des sacs en plastiques, alors qu’on pourrait s’en passer ou les remplacer par d’autres choses.

Réduire : repenser sa consommation

Réduire ce dont nous avons besoin mais ne pouvons pas refuser signifie réduire la quantité d’objets que nous possédons et repenser sa manière de consommer. A-t-on vraiment besoin du dernier robot ménager, ou peut-on s’en passer ? Avons-nous besoin de tous les ustensiles de cuisine que l’on a, de tous les vêtements que nous possédons, de tous les livres qui encombrent nos bibliothèques ? C’est ce que se demande Béa Johnson. Vous l’avez compris, cette deuxième règle se rapproche du minimalisme dont je vous ai déjà parlé, puisqu’il s’agit de désencombrer et d’apprendre à consommer raisonnablement. Cette règle s’applique facilement au quotidien concernant les emballages en achetant en vrac par exemple, mais aussi les stocks : avons-nous vraiment besoin d’avoir des paquets entiers en réserve de nourriture, de papier toilette, de savons ? En réduisant ses stocks, on désencombre et on réduit notre gaspillage : qui n’a jamais du jeter des denrées qu’on avait acheté “au cas où” ? Cette règle est sans doute la plus “écologique” des cinq, puisqu’il s’agit vraiment de consommer différemment. Elle se complète bien avec la troisième règle.

Réutiliser : ma règle favorite ❤

Après avoir refusé et réduit ce que l’on possède à ce dont nous avons vraiment besoin, nous pouvons réutiliser les objets qui restent. D’abord, en investissant dans des objets réutilisables, on évite de produire de nouveaux déchets. Les sacs en tissu, les bocaux, les gourdes; les torchons et serviettes en tissu deviendront tes nouveaux chouchous – en tout cas, ce sont devenus les miens ! 😉 Réutiliser, c’est aussi acheter des objets plus durables, qu’il sera plus facile de réparer (dans des Repair Cafés quand on est pas bricolo pour un sou, à Lille il y en a un tous les mois). On peut aussi réutiliser des objets en les détournant de leur fonction première : un collant filé terminera en headband et élastiques à cheveux, une palette en tête de lit, une boîte de conserve en luminaire… Les possibilités sont infinies et la seule limite est notre imagination. Qui aurait cru que le Zéro Déchet rimerait avec créativité ? Attention toutefois : créer de nouveaux objets, oui, mais uniquement des objets qui nous sont utiles et qui ne sont pas superflus, sinon, on n’est plus dans une logique Zéro Déchet. Réutiliser, c’est vraiment amusant et ça nous permet de se diriger vers des objets meilleurs pour notre santé et pour la planète, c’est tout bénéf !

Recycler et composter le reste

Normalement, si l’on a adopté les trois premières règles de Béa Jonson, on a déjà réduit drastiquement ses déchets. Mais il reste toujours des déchets organiques (épluchures et autres) que l’on peut composter. Pour composter, plusieurs solutions : compost dans son jardin, lombri-compostage, compost dans des jardins partagés… Et bien sûr il nous reste souvent quelques déchets recyclables, même si l’on fait la plupart de ses courses en vrac.

Vers le Zéro Déchet, en douceur et avec bonne humeur !

Avec ces 5 règles, Béa Johnson a réussi à faire tenir ses déchets pour 4 personnes dans un bocal de 1L. Bon, on en est loin, mais s’inspirer de ces règles nous aide à changer notre manière de consommer. De toute évidence, pour réussir une transition Zéro Déchet, la clé est d’y aller en douceur et de manière progressive…

J’ai commencé à m’y intéresser et à changer certaines choses : compost dans un jardin partagé, courses en vrac, dentifrice solide ou fait maison, serviettes en tissu… La transition est lente, mais Rome ne s’est pas faite en un jour ! Vous pourrez suivre mon évolution dans des articles à venir !

Et toi, Zéro Déchet, ça te semble utopique ? T’as envie de lire le livre de Béa ?

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